11 août 2006

Les Marchands de Pommerat, festival d'avignon 2006.

Interlude ( sans rapport avec la pièce): Encore des genres mélangés, la danse dans le théâtre, mélange qui avait fait file_marchands002tant de polémique l'année dernière avec Jan Fabre. La seule différence est que cette année les corps ne sont pas nus ! Alors de quoi parlait-on ?!! De catégorie ou de nudité ?! N'oublions pas: Avignon ville des Papes...... Il ya longtemps que le festival n'est plus populaire et est devenu un véritable commerce. Pour exemple, re-saluons le peu de solidarité des commerçants avignonnais avec les intermittents en 2003, qui au lieu de penser à leurs profits dans la longueur, n'avaient vus que leurs intérêts immédiats. Bien sur, les programmations sont de plus en plus destinées à un public averti. Bien sur, Jean Vilar n'avait pas souhaité un festival comme celui-ci. A force de business, oui les programmations deviennent élitistes. Rajoutons à cela les éternels tabous en ce qui concerne le sexe!!! et nous massacrons des génies qui ont fait du festival 2005 une lumière...........Encore plus écoeurant lorsque nous constatons que cette année, expression corporel et pièce se confondent sans soulever la moindre petite critique.

Les Marchands:  Chacun dans son personnage est sobre et juste. Le metteur en scène cherche la froideur, une odeur de mort, tout est gris, les décors, les costumes, est-ce la vie ou l'enfer.....? Les personnages se parlent à voix basse, nous nous entendons uniquement la voix claire et monocorde de la narratrice. C'est une voix off qui se superpose aux dialogues inaudibles. Aucune confrontation des corps, aucune confrontation verbale. Le parti prix est fort. Ces personnages sont dans des vies difficiles, pas de fioriture, de couleur, de sentiment. Nous vivons pour travailler ou travaillons pour vivre ? Lorsque nous ne pouvons pas penser à autre chose, lorsque l'exploitation ne nous donne aucunement le temps de vivre, le monde du travail devient vite un vivier de mort-vivants et l'on pense forcément à AZF. La femme qui travaille à l'usine, et qui porte un corset de maintien et une minerve à cause de la difficulté physique de son activité, a plus de chance que celle qui élève un enfant sans emploi.....Chacun dans son coin pense à ses intérêts (mais est-ce que chacun a les moyens de penser aux autres ?) jusqu'à ce qu'un fait divers ( une femme tue son enfant pour la ré-ouverture de l'usine) prenne le dessus et mette en évidence le vrai problème: le chômage, ce qui pour le moment n'interessait personne. La mère jète son garçon par la fenètre, par ce geste elle le fait passer de l'autre côté du rideau. Rideau blanc d'où les fantomes de ses parents lui parlent pour la mettre en garde de ce qui arrivera, tels des sages qui se sont battus pour les mêmes choses des années auparavant. L'espoir n'est donc pas grand. Quant au fait divers, il est bien la preuve que l'affectif opère plus que la raison. La raison nous fait analyser et compatir, mais elle demande un effort.... Le sensationnel, l'affectif, nous atteind directement, nous empêche de dormir et nous fait écrire des tonnes de lettres de soutien....... Alors même si les noirs m'ont ennuyée, voir énervée, même si je suis plus pour le théâtre du corps où l'action précède la parole, je suis heureuse de voir un réel engagement dans le texte et un réel parti prix de mise en scène. Pommerat est son propre auteur.......

Clara.

Posté par Lolipopart à 20:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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